Visio : la nouvelle plateforme souveraine de visioconférence de l’administration française
Par L'équipe rédaction PocketNew
Publié le janvier 28, 2026

Face à la dispersion numérique et aux risques sécuritaires, l’administration française se tourne résolument vers une solution de visioconférence nationale. En remplaçant Zoom, Teams et autres plateformes américaines par Visio, l’État affirme sa volonté de garantir la sécurité des données et de renforcer sa souveraineté numérique.
L’essentiel à retenir
- L’administration française adopte Visio comme solution unique de visioconférence d’ici 2027.
- Visio est hébergée en France par Outscale et bénéficie du label SecNumCloud pour la sécurité des données.
- La transition vers Visio pourrait permettre des économies estimées à un million d’euros par tranche de 100 000 agents.
La transition vers Visio : un choix stratégique pour l’administration française
Le ministre délégué chargé de la Fonction publique et de la Réforme de l’État, David Amiel, a annoncé la généralisation de Visio, la plateforme de visioconférence développée par la direction interministérielle du numérique (DINUM), dans tous les services de l’État d’ici 2027. Ce changement vise à réduire la dépendance aux solutions étrangères et à améliorer la sécurité des données. Actuellement, chaque ministère utilise différentes plateformes, ce qui pose des problèmes de sécurité et de collaboration.
Les avantages techniques et sécuritaires de Visio
Visio repose sur un hébergement en France, assuré par Outscale, filiale de Dassault Systèmes. Ce choix garantit un niveau de sécurité élevé grâce au label SecNumCloud délivré par l’ANSSI. Cette certification est essentielle pour protéger les échanges sensibles de l’administration, évitant que des données stratégiques ne soient transférées sur des serveurs étrangers.
En intégrant l’intelligence artificielle française, Visio offre aussi des fonctionnalités avancées telles que la transcription automatique avec séparation des locuteurs, développée par la start-up Pyannote. Cette technologie permet de savoir qui parle lors d’une réunion. D’ici l’été 2026, le laboratoire Kyutai prévoit d’ajouter le sous-titrage en temps réel, renforçant ainsi l’efficacité de la plateforme.
Des économies substantielles pour l’État
Le passage à Visio ne se justifie pas seulement par des raisons de sécurité. Les économies réalisées sont également un argument de poids. Chaque tranche de 100 000 agents passant à Visio permet d’économiser environ un million d’euros par an, une somme non négligeable pour les finances publiques.
David Amiel, ministre délégué, a souligné l’importance de cette démarche en déclarant : « Nous ne pouvons pas prendre le risque de voir nos échanges scientifiques, nos données sensibles, nos innovations stratégiques exposées à des acteurs non-européens. »
La plateforme Visio et l’avenir de la collaboration en France
Avec Visio, l’administration française espère créer un écosystème collaboratif sécurisé et performant. Le CNRS, l’Assurance Maladie, la Direction générale des Finances Publiques, ainsi que le ministère des Armées, figurent parmi les premiers à adopter la solution. Avec déjà 40 000 utilisateurs réguliers et une expansion prévue auprès de 200 000 agents, Visio est en bonne voie pour transformer la manière dont les services publics collaborent.
Contexte et historique de Visio
Visio fait partie de LaSuite, une plateforme collaborative française annoncée récemment. Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de souveraineté numérique adoptée par l’État français. Le choix de solutions nationales permet de réduire la dépendance envers les infrastructures étrangères, de sécuriser les données sensibles, et de soutenir l’innovation locale. Visio représente un pas significatif vers l’indépendance numérique et économique de la France.
Source : https://lasuite.numerique.gouv.fr/produits/visio